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Agressions

Un citoyen, 01.05.2023. Grenadé – Paris

1er mai 2023 – Fête du Travail – 18:00, Place de la Nation, Paris
Atteint par un tir de grenade lacrymogène : plaie au front, 3 points de suture
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Edito

28.04.2023 – Gaz lacrymo : l’État empoisonne-t-il les citoyens ? Aucune étude d’envergure sur les effets à long terme

Le manifestant est-il soluble dans le gaz lacrymo ? Premier outil des forces de l'ordre pour la dispersion/répression des manifs, le gaz CS interroge de plus en plus la société civile, les scientifiques... et les flics, qui y sont soumis aussi. Ce qu'a trouvé Libération....

[Transcription de la vidéo :]

Si vous avez mis les pieds dans une  manifestation contre la réforme des retraites, il y a de grandes chances que vous  ayez été exposé au gaz lacrymogène.

Depuis plusieurs années, cette arme est utilisée presque systématiquement pour  disperser les manifestants. Pourtant, des chercheurs, des observateurs et  même des policiers les considèrent dangereux. Aucune étude n’a été menée pour déterminer  les effets à long terme de ce gaz sur la santé.

Vous n’avez pas de moyens de sortir du nuage ? Là il existe un risque très très sérieux pour votre santé. Vraiment, ce cocktail de gaz non testé dans des  quantités extrêmes sans avoir vraiment aucune connaissance de l’impact  que ça sur la santé à long terme… Le foie, les reins et surtout le  cerveau peuvent avoir des atteintes.

Une Victime :

« La plus grosse prise de gaz lacrymogène  c’était là, le soir du 20 mars. Je rentre chez moi et je passe une nuit  horrible avec les yeux qui pleurent. Des éternuements en continu Même jusqu’à avoir des diarrhées quoi.

La nuit suivante c’est pareil Je dors mal, et donc le mercredi, je décide de prendre rendez-vous chez le médecin. La médecin me dit très vite : il n’y a  pas de bactéries, il n’y a pas de virus. C’est quand je lui explique que, le  lundi soir, j’étais en manifestation, que j’ai été exposée au gaz lacrymogène Que moi je fais le lien. Elle, elle ne l’affirme pas  elle me dit : c’est possible. Et elle me met juste sous  anti-allergène pendant 30 jours. »

Patxi, Street Medic depuis 4 ans. Il intervient très souvent dans  les manifestations à Bordeaux  :

« Les manifestations commencent très  régulièrement place de la Bourse. Et justement, ce sont il y a deux rues parallèles  qui permettent d’accéder au centre-ville. Dès lors que les manifestants essaient  de se rapprocher de ces endroits-là, systématiquement, à ce moment là, les forces  de l’ordre emploient des grenades lacrymogènes. Tout le quartier était cerné Il y avait un nassage assez important de toute la place Il y a eu des échanges entre les manifestants et les forces de l’ordre Les forces de l’ordre ont immédiatement répliqué par l’utilisation non seulement  de LBD mais aussi l’utilisation de gaz. Et malgré nos masques on n’y voyait pas à un mètre. J’ai le souvenir justement en tête d’un manifestant Elle n’arrivait pas ni à se repérer, qu’elle n’arrivait pas non plus à se relever On s’est évidemment posé des questions. Savoir si cette personne  allait réussir à s’en sortir. Il y avait une détresse respiratoire,  respiration rapide et superficielle, et puis des sensations, cette sensation  intense qui était causée par la peur de mourir… »

Guillaume Groult fait partie  de la police scientifique. Il est secrétaire général d’un syndicat Il s’intéresse de près l’usage du gaz lacrymogène :

« Dans une grenade lacrymogène il y a une multitude  de composants chimiques dont le fameux CS. C’est lui qui cause les picotements  dans les yeux et les poumons. C’est pas simplement du gaz qui vous  fait pleurer qui pique les poumons. C’est aussi quelque chose qui est absorbé Donc au cours du temps un risque peut s’établir.

Pour pouvoir parler d’empoisonnement il faut bien  quand même bien prendre le recul par rapport à ça, il faut que les conditions  soient extrêmement délétères. Si vous ne vous trouvez pas dans un cas où  toutes les conditions de sécurité sont réunies, si par exemple la foule est bloquée Donc elle se retrouve à être forcée à rester au sein d’un nuage Le risque va augmenter.

Si d’autres munitions sont tirées entre  temps, le nuage va devenir plus dense, le risque va augmenter En temps normal, non, vous n’êtes pas censé en avoir peur Par contre, s’il se produit quelque chose non sécuritaire, là il peut  commencer y avoir des problèmes. »

Alexander Samuel est docteur en microbiologie  après le mouvement des gilets jaunes il a monté un dossier de 127 pages avec un chercheur  du CNRS sur le gaz lacrymogène et le CS :

« Cette molécule est également absorbée par  la peau et par les voies respiratoires. Et ensuite à l’intérieur du corps, il est coupé  en morceaux, et un des morceaux c’est du cyanure. Le cyanure bloque la chaîne respiratoire On appelle ça la chaîne respiratoire, e c’est comme si on n’arrivait  pas à utiliser son oxygène. Il va se mettre à la place de l’oxygène, et  donc on va continuer à absorber de l’oxygène, mais on va pas pouvoir l’utiliser. C’est comme si on nous étranglait.

Quand on nous étrangle, on n’a pas d’oxygène  qui est porté aux différents organes, il peut y avoir ce qui s’appelle un stress  oxydatif qui va causer des dégâts à l’organisme. Le foie, les reins et surtout le  cerveau peuvent avoir des atteintes. Parce que c’est l’organe qui  consomme le plus d’oxygène, qui a besoin de plus d’énergie pour fonctionner. »

Un groupe de chercheurs de l’Université de Londres  a étudié une manifestation du mouvement Black lives matters le 9 juin 2020 aux États-Unis Un jour où la police américaine a tiré 138 grenades lacrymogènes le Tear Gas Tuesday :

« On a simulé le mouvement du  gaz lacrymogène ce jour-là. Sur ces 15 points de mesure, le seuil de 2 mg  par mètre cube au-delà duquel l’exposition est considérée comme immédiatement dangereuse  pour la vie et la santé par les agences fédérales américaines. Ce seuil a été dépassé. La concentration maximale qu’on  a pu observer dans l’air était d’environ 4500 mg par mètre cube. Les manifestants étaient soumis à des concentrations qui sont extrêmement  élevées de produits chimiques dangereux à des niveaux qui sont considérés comme  mettant vraiment leur vie en danger. »

Guillaume Groult :

« Là on est on est quasiment sur de l’empoisonnement Si lors des événements de manifestation à Portland. On est sur du 4500 mg par mètre cube de gaz. Là vous avez un risque de toxicité aigu, associé à l’absorption de gaz lacrymogène Parce que potentiellement associé au fait d’absorber du cyanure, de métaboliser du cyanure 4500 mg par mètre cube : si vous n’avez pas de moyen de sortir du nuage, là il existe un  risque très très sérieux pour votre santé »

La police américaine a donc atteint  des taux dangereux avec 138 munitions. Pour plusieurs CRS français  joints pour notre enquête, cette quantité de grenades  lacrymogènes est presque risible par rapport à ce qui est utilisé pendant la  contestation contre la réforme des retraites.

Ce qu’on observe, c’est que les particules de  CS peuvent rester dans l’air bien après leur déploiement initial des munitions Elles peuvent se déposer assez loin de leur source, près d’écoles, de restaurants,  dans les habitations aux alentours. On a également pu observer, ou  dans les témoignages, des personnes qui ne faisaient pas partie des manifestations. Qui, passivement, ont été exposées à des concentrations de gaz qui leur ont causé des  symptômes similaires à ceux des manifestants, mais depuis leur domicile

« À la suite des manifestations, on  recense tout un éventail de symptômes : l’asthme, les brûlures chimiques, les lésions  pulmonaires, les troubles sur le cycle mensuel…

C’est quelque chose qui revient très souvent En revanche, ce qui est vraiment important de noter c‘est qu’aujourd’hui, nous avons très peu d’études faites sur l’impact  des agents chimiques sur la santé à long terme, c‘est pour moi, déjà, la source du problème Ce qui se passe, c’est que les forces de police déploient sur des manifestants ce cocktail  de gaz non testé dans des quantités extrêmes , sans avoir aucune connaissance de l’impact  que ça a sur la santé à long terme. »

La Victime :

« Je pense que c’est le plus compliqué : c’est  l’incertitude liée aux effets du gaz lacrymogène. Je suis atteinte d’endométriose A chaque cycle menstruel, depuis le mois de janvier, j’ai l’impression que chaque  cycle est plus difficile et plus douloureux. Parfois je me demande : est-ce que  le gaz lacrymo n’aurait pas un impact.

C’est l’incertitude de me dire : je ne sais pas  aujourd’hui, si je veux tenter de comprendre quels sont les effets des gaz lacrymogènes  sur moi, je sais pas vers qui me tourner. Je sais pas quoi lire Je ne sais pas quelles sont les sources fiables pour connaître les effets des gaz lacrymogènes. Du fait qu’il existe des situations dans lesquelles le gaz lacrymogène  n’est pas sans danger. »

Guillaume Groult :

« Oui il peut y avoir une toxicité très  importante qui peut être impliquée. Nécessairement, normalement, on devrait avoir  des données extensives sur sa sécurité d’usage et sur les éventuels risques associés. Même lorsqu’ils sont rares, de manière à pouvoir suivre les personnes  exposées en cas de difficultés médicales, les personnels en cas de maladie professionnelle,  et de pouvoir les former, leur exposer, leur expliquer l’existence de ces risques.

Ces données-là, à ma connaissance du moins, on ne les a pas, Ce n’est pas une question d’avoir des personnes en face qui pensent à mal, C’est une question de savoir comment les a formées, et ce qu’on leur a dit. Si on ne leur a rien dit… »

Aujourd’hui, l’utilisation du gaz lacrymogène en  France interroge les observateurs internationaux :

Amnesty International :

« Dans le droit international, le gaz lacrymogène  doit être utilisé comme le dernier recours dans les situations de violence généralisée On voit souvent qu’en France, c’est utilisé en premier recours. C’est quasiment le seul moyen, la seule tactique utilisée par les forces  de l’ordre pour disperser les gens. Ceci peut être potentiellement considéré comme  un traitement cruel, inhumain et dégradant parce que l’objectif de l’utilisation  du gaz lacrymogène, en principe, c’est de disperser les gens. S’il n’y a pas des chemin, pas d’option, de rue, pour disperser , alors  cet objectif ne peut pas être réalisé.

La surutilisation du gaz lacrymogène,  ses risques potentiels sur la santé et la peur que ça peut inspirer aux manifestants, tout cela contribue à entraver le droit de manifester en France. Cela mérite des enquêtes indépendantes pour effectuer des changements, des changements dans les lois, dans les  règles de l’utilisation du gaz lacrymogène, pour mieux protéger le droit  de manifester en France. C’est urgent. »

La Victime :

« La plus grande question, c’est de savoir comment je peux retourner  en manifestation de manière sereine, en sachant qu’aujourd’hui, le gaz lacrymogène  est utilisé quasiment à chaque manifestation. Tout ce sujet pour moi, ce sont plein  de points d’interrogation dans ma tête. Je suis encore déterminée, mais  il est possible que j’arrête d’aller en manifestation Je ne sais pas, on verra… »

[Télécharger la transcription]

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Edwin, 05.12.2019. Grenadé – Bordeaux

5 décembre 2019 – Les Quinconces, Bordeaux
Atteint à l’oeil par un morceau de grenade lacrymo tirée au lanceur : griffure de la cornée, inflammation de la rétine et ulcère de la paupière inférieure gauche
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Mustafa Yalçin, 05.12.2019. Journaliste, Grenadé – Paris

5 décembre 20219 – Place de la République, Paris
Journaliste de l’agence de presse turque Anadolu Agency, atteint par un tir de grenade lacrymogène qui a traversé son masque : gravement blessé à l’oeil

2019.12.05_YALCIN.Mustafa_Paris.FRA_2

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Manuel, 16.11.2019. Grenadé – Paris

16 novembre 2019, Paris
41 ans. Atteint par une grenade lacrymogène PLMP7 alors qu’il discutait avec d’autres manifestants : éborgné

2019.11.16_Manuel_Paris.FRA_2

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Carole, 14.07.2019. Grenadée – Paris

14 juillet 2019 – Paris
Atteinte à l’œil par le fût d’une grenade lacrymogène : 4 poins de suture sous l’œil gauche, fracture à l’orbite et gros hématome.

 

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Un citoyen, 01.05.2019. Grenadé – Toulouse

1er mai 2019 – Toulouse
Atteint à la tête par un tir tendu de grenade lacrymogène : vives douleurs au niveau des cervicales, malaise vagal sans perte de connaissance